 |
|
 |
 |
Raid Ukatak 2003
Dimanche 19 janvier, ça y est, c'est parti. Le coup est finalement donné
et c'est un départ à vélo. 130 km à franchir et des
montées à n'en plus finir. Le vélo d'Évelyne décide
de nous faire faux bond, on en trouve un autre - merci à Julie de l'équipe
Aventurier-Roche qui a abandonné dès le 1er PC. Tombent ensuite la nuit
et le froid alors que nous faisons notre entrée dans le parc des Grands
Jardins. Je renverse mon eau que j'avais placé près de mon corps pour
ne pas que ça gèle et voilà : je me gèle! À ce
moment, j'ai cru que nous allions abandonner parce que j'allais tomber en hyporthermie.
Mais les filles étaient sur le piton et elles ont su me procurer l'assistance
nécéssaire. Vingt minutes plus tard, j'avais chaud et tout allait bien.
Il ne nous restait plus qu'à nous rendre au PC3 pour dormir sous la tente.
Alors que nous croyons être arrivées à destination, nous nous sommes
aperçues qu'il nous restait encore une bonne dizaine de km. Désespoir!
PC3. Quatre filles dans une tente pour deux avec un sleeping bag -12, un -7 et deux de 0
à 5 degré. Eh bien on est passées à travers! D'autres
équipes ont eu froid. Nous, nous avons demandé de rester pour dormir
plus longtemps.
PC3 à PC4. Je me souviens d'une rampe en ski de fond et d'Évelyne qui
s'improvise skieuse acrobatique, d'une descente qui nous a ralenti et de Tanya qui se
ramasse tête première dans la neige, les raquettes qui revolent en l'air.
Elle se relève et croit qu'il s'agit d'une paire oubliée par une autre
équipe!
PC4. On y arrive croyant trouver un refuge chauffé. Malheur, c'est une tente
oû il fait froid. Nous devons nous dépêcher à repartir pour
profiter de la clarté mais là un Monsieur de l'organisation vient nous
interrompre dans nos plans : il nous dit que le vent se lève et que cette nuit,
il fera -40. Nous savons que ce sera la partie d'orientation la plus difficile et que
les moyens de communications seront impossibles. Mais nous lui tenons tête et
partons quand même. Pas besoin de vous dire qu'au bout de ving-cinq minutes,
nous rebroussions chemin, et déjà nous ne pouvions plus voir nos propres
traces! On nous rappatrie donc vers le HQ. L'organisation annonce alors que nous avons
abandonné. Et aussi que l'équipe BCG-ING, dont l'un des membres est
tombé à l'eau, est introuvable. Le matin arrivé, on vient nous
réveiller en catastrophe pour aider aux recherches. Deux heures plus tard,
ils sont retrouvés. Et nous, nous avons hâte de reprendre la course,
mais puisque que mère nature se fait capricieuse, nous attendons au lendemain.
C'est alors que commence notre deuxième course. Nous sommes maintenant trois
équipes dans notre catégorie. Au départ, nous croyons que
ça sera une saine compétition et que nous voyagerons ensembles. Mais
cela s'avère vite faux. Nous repartons du PC10 et rattrapons l'équipe
Rage #08, elle nous redépasse, on se fait talonner par Eider-VT #05 et c'est
comme ça jusqu'au PC15 où un bon spaghetti nous attend après une
belle descente en rappel. J'ai oublié de vous dire que le Sentier des Caps avec
deux raquettes gauches, pas facile...
PC15, nous prenons un repos, faisons sécher nos vêtements et repartons au
petit matin. Nous décidons de ne pas prendre nos bottes de ski de fond pour
éviter de traîner trop de stock. Erreur : des traces de ski de fond
s'étendent à l'horizon. Nous nous demandons alors si nous ne devrions
pas mettre nos raquettes. Et moi, équipée de mes deux raquettes gauches
de dire NON. Nouvelle erreur : on se fait dépasser par les deux équipes.
On finit tout de même par arriver pas trop loin derrière à la
tyrolienne. Et là, on repart pour un autre 30 km de vélo. Il fait beau
et on décide de prendre ça cool, puisque de toutes façons on est
jeudi midi et qu'il nous reste donc 24 heures pour terminer.
PC21. Notre Monsieur de l'organisation nous annonce que seulement une des trois
équipes fera le traîneau à chien. Nous voyons l'équipe du
Vermont qui vient tout juste de quitter. Un vent de panique s'empare de nous et, en
moins de deux, nous avons quitté le PC afin d'aller chercher nos "toutous".
Je croyais que le ski nous prendrait que quelques heures, mais ce fut pas mal plus
long que prévu, surtout que nous avons fait le tour du Lac Plongeon plutôt
que de nous rendre directement au point de sortie. Des motoneigistes nous ont aidé
à trouver la "trail" et quand nous y arrivons, nous apprenons que nous sommes
les premières! Et là, nous attend une côte de 4 km. Le peu
d'énergie qu'il me reste se transforme en adrénaline. Je monte la pente
aussi vite que possible. Et mission accomplie, on les a nos pitous! Quelle sensation
que de se laisser tirer par ces bêtes, la nuit, dans le silence...Puis soudain,
surprise, voilà le fil d''arrivée, la foule, les caméras, les
flash, les journalistes qui nous attendaient avec impatience. Et quelle joie que
d'être accueillies par ces aventuriers qui se sont perdus et qui sont là,
sains et saufs, pour nous féliciter.
Cette expérience fut mémorable, j'ai rencontré des gens
fantastiques, j'avais une merveilleuse équipe qui a fait de cette course un
souvenir que je garderai longtemps. Et contrairement à ce que vous croyez,
malgré le froid et toutes les péripéties, je suis prête
à recommencer l'année prochaine. Mais avant, nous allons devoir nous
entraîner en France où nous compétitionnerons en juin prochain,
car c'est ce que nous nous sommes méritées pour nos efforts accomplis.
Merci à vous de vos encouragements et dites vous bien que ce n'est que partie
remise!
Ciao, Claudia - Équipe ChiroTag.com #06
|
 |