• Hey, le ou la cycliste!

    Oui, oui, toi qui aime grimper des montagnes, contourner des cours d’eau, monter ta tente à tous les soirs, aux hasards des routes et détours.

    Ben oui, toi qui apprécie le temps, qui n’est pas dans la course mais bien dans la dégustation des secondes, du bonheur de l’effort, de l’acceptation des surprises et des changements de plans.

    Bien oui, toi qui se surprends toujours à sourire malgré les vents de face, qui a les yeux clairs quand le monde se présente à toi, qui a des pattes capables d’enjamber l’horizon.

    Toi, le ou la cyclotouriste, je m’adresse à toi.

    Je suis en train de planifier mon prochain voyage de cyclotourisme. J’ai cinq itinéraires qui me chatouillent l’esprit depuis mon retour des Maritimes, fin août. Qui va de plus loin que les océans à pas si loin pour se rendre à un de ceux-ci (ou non). J’ai tout l’été devant moi et j’ai bien envie de me remplir de soleil durant cette période, de nuits à la belle étoile, de montées et de descentes, d’animaux que je croiserai et d’humains que je saluerai dans la langue de l’endroit. J’ai déjà hâte de planter ma tente à un endroit différent chaque soir, de rencontrer des hôtes Warmshowers, de savoir m'adapter à ce que la route et la vie me présentera, de devoir faire des réparations mécaniques sur mon vélo, de saluer les miens au téléphone alors que je ne suis qu’un petit point rouge sur une grosse mappemonde. Sans compter les randonnées pédestres qui peuvent entrecouper le tout et les baignades dans des cours d'eau propres. L'a-ven-tu-re.

    Voyager. Aller en avant pour se retrouver et se nourrir de cette vie qui appelle au loin, surtout loin de la sécurité endormante et du train-train quotidien qui nous fait tourner en rond et devenir un peu cons.

    Ainsi, je repars, encore cet été. Mes derniers voyages furent fascinants mais remplis de cette solitude du cyclotouriste. Certes, j’ai croisé plein de personnes fantastiques, inspirantes et captivantes, mais il y a quand même des moments où partager quelques jours ensemble avec un autre être humain aurait rendu le tout plus plaisant. Avoir quelqu’un ou quelqu'une avec qui sillonner les routes, casser la croûte sur un table à pique-nique, discuter de la vie ou sentir l’air salin qui nous balait le visage, faire des blagues, rire aux éclats, ou être dans le silence de la contemplation. Pour une partie du voyage, une journée, une semaine ou plus long.

    Je sais, on est des inconnus, mais c’est ce que le cyclotourisme fait : il nous rapproche de l’inconnu, à petits pas, à coups de pédales, à coups de moments inattendus et époustouflants. Je n’ai malheureusement pas de gens dans mon cercle immédiat qui a le temps ou le goût de partir dans ce type de voyages, alors je me prépare à m’y lancer seul, encore. Seulement, je crois que ce n’est pas si farfelu lancer une bouteille à l’eau sur ce site et voir si elle se rend jusqu’à un, une ou même plusieurs cyclotouristes et réveille en eux le goût de l’aventure du vélo-camping.
    Il y a fort à parier que personne ne se manifestera. C’est dans l’ordre des choses. Toutefois, comme en cyclotourisme, la vie est pleine de surprises quand on a l’audace et le courage de se lancer dans l’inconnu, de se tourner vers l’inconnu.
    Ainsi, toi, le ou la cyclotouriste, si la route te parle comme Kerouac et que tes yeux préfèrent la vraie vie aux écrans d’ordi ou de télé, simplement à me faire signe. Je te dévoilerai ce qui m’appelle comme itinéraire et on pourra en jaser.

    Respectueusement

    18h00

    J'aurai une fleur au chapeau